Volumes et montants consacrés à l'e-mailing ont progressé de 20 % sur les trois premiers trimestres de l'année qui marque un tournant dans l'approche des annonceurs envers ce canal de marketing direct.
Contre toutes attentes, l'e-mailing aura assuré un bon départ sur l'année 2005, ressortant au final comme renforcé par les mesures imposées par la loi sur la Confiance dans l'Economie Numérique (LCEN). Il est d'ores et déjà possible d'observer un véritable décrochage dans la progression tant des volumes d'e-mails envoyés que des budgets investis. Selon une étude publiée par la société de marketing à la performance DoubleClick, le nombre d'e-mails envoyés en marketing direct devrait ainsi progresser de 15 à 20 % cette année par rapport à 2004.
Selon un autre baromètre, réalisé par TNS Média Intelligence et le SNCD (Syndicat national de la communication directe), la croissance des volumétries d'e-mails envoyés en recrutement atteint près de 90 % sur les 9 premiers mois de l'année 2005, contre 73 % entre 2003 et 2004, avec un volume d'environ 114 millions d'e-mails expédiés au cours de cette période. De l'ordre de 24, 8 millions d'euros, les montants investis dans l'e-mailing de recrutement témoignent également d'une croissance de 130 % sur les trois premiers trimestres de l'année, contre 64 % sur les neuf premiers mois de l'année dernière. "2004 a témoigné d'une véritable secousse au sein du marché de l'e-mailing de recrutement et 2005 nous permet de constater qu'une tendance de progression exponentielle est à l'œuvre. Il n'est donc pas question d'inflexion ni de stagnation du marché", affirme Alain Gosset, président du SNCD.
D'autre part, le marché de l'e-mailing témoigne d'une maturité et d'une professionnalisation des pratiques, si l'on en croit les taux de distribution des e-mailings toujours à la hausse (90,9 % au cours du deuxième trimestre 2005 sur la zone EMEA) et le taux de plaintes contre les spams en décroissance (à 0,64 % en 2005 contre 0,93 % au deuxième trimestre 2004). "Les annonceurs sont dorénavant plus au fait des problèmes causés par les blocages que réalisent les FAI dans leur stratégie de lutte anti-spam. C'est pourquoi ils tentent de respecter scrupuleusement les critères pour passer les différents filtres", explique Didier Gaultier, directeur commercial et opérations de la division E-mailing Solutions de DoubleClick. En ce qui concerne l'e-mailing de fidélisation, les annonceurs réalisent un travail important sur leurs bases d'abonnés.
Cependant, tous les indicateurs ne sont pas au vert, notamment en ce qui concerne les taux d'ouverture qui continuent leur chute libre au deuxième trimestre 2005, à 32 % contre 40 % un an auparavant. Cette décroissance qui s'était déjà amorcée fin 2004 serait en partie liée à un problème de tracking. En effet, la plupart des éditeurs de solutions d'e-mailing établissent leurs taux d'ouverture à partir du chargement des images dans les e-mails, or celles-ci sont souvent bloquées par défaut par les solutions de messagerie électroniques. Toutefois, cette décroissance n'est pas seulement liée à ce problème technique. Elle traduit un changement de comportement des internautes face à la réception des e-mails, qui ont dorénavant une attitude de tri sélectif, n'ouvrant que les mails qui les intéressent.
Source : journaldunet.com